Hier soir j'ai discuté avec ma mère au téléphone pendant au moins 1h. Je n'ai pas souvent l'occasion de la voir, étant donné qu'elle habite à environ 2400km de chez moi, d'où les interminables conversations téléphoniques hebdomadaires. Mais revenons au sujet de la discussion, qui après les obligatoires : (Tu as vu d'autres offres d'emplois? Tu fais attention à ne pas dépenser beaucoup? Tu es toujours au régime, as-tu perdu du poids? et enfin comment va M.?), a vite tourné autour de mon blog, qu'elle suit avec une constance à toute épreuve, même si elle n'est pas française et ne parle pas la langue de Molière. La chose qui la turlupinait ce soir était au sujet des choix de mes messages. En gros ma maman se demandait pourquoi je fais tout le temps des gâteaux. Et la réponse, ben je n'en sais rien, si ce n'est que j'ai toujours trouvé ça beaucoup plus amusant. La préparation d'un gâteau est comme une sorte de magie, comme un jeu au savant fou, on prend des ingrédients, on les mélange et on obtient quelque chose de totalement nouveau. C'est fabuleux d'arriver à faire avec des œufs, de la farine, du lait et du sucre des choses molles et gonflées qui sentent bon et qui n'ont rien, mais rien à voir avec les ingrédients de base. Et on ne m'enlèvera pour rien au monde le bonheur d'assister au spectacle qui se produit dans le four lorsqu'on y fait cuire un gâteau. C'est un rituel que je perpétue depuis des années et qui m'enchante toujours, je me pose devant mon four, assise par terre et je regarde dans la lumière du four le liquide dans le plat qui bouge, qui gonfle, forme une petite croûte, se fissure et laisse la lave de pâte s'écouler. Et moi je reste bouche bée devant la porte éclairée, enveloppée dans la chaleur qui s'en dégage et décidée de ne pas perdre un seul instant de ce spectacle fragile et éphémère.
C'est peut être ça la réponse, les gâteaux sont magiques, alors que bon les potages, cocotes et autres ragoûts me paraissent infiniment plus banals à la lumière des plaisirs sucrés. Et vous savez ce qui est encore plus bizarre dans tout cela, c'est que j'ai toujours prétendu être plus attirée par le salé que par le sucré. C'est un peu comme d'avoir prétendu à toute vos copines du lycée que quand vous seriez grande vous vous marierez avec un blond au yeux bleus et 10 ans après vous vous réveillez follement amoureuse d'un brun ténébreux.
Non, je ne compare pas mon chéri à une quiche ou autre tarte, et une fois n'est pas coutume ce soir je vais faire plaisir à ma mère en lui prouvant que nous ne nous goinfrons pas de gâteaux et que nous sommes de jeunes adultes à l'alimentation tout à fait équilibrée.
Ce soir : la traditionnelle soupe au poulet bulgare (la soupe, pas le poulet), qui réconcilie le simple avec le bon.
soupe_poulet
Ingrédients pour 4 personnes :
4 pomme de terres moyennes
2 carootes
1/2 oignon
2 blancs de poulet ( ou tout autre partie désossée)
1 bouiilon de volaille
1 poignée de vermicelles (type cheveux d'ange)
sel, poivre noir et 1pincée de thym
Préparation :
Mettez le poulet dans une casserole avec 2,5 litres d'eau et 4 ou 5 baies de poivre noir. Laissez cuire pendant environ 30min. Pendant ce temps pelez les carottes et les pommes de terres et coupez-les en petits cubes. Émincez finement l'oignon. Retirez le poulet du feu, filtrez le bouillon et découpez-les escalopes en petit cubes. Remettez le bouillon dans une autre casserole et rajoutez-y la viande, le bouillon cube et les légumes. Laissez cuire à couvert et à feux doux pendant encore 30min. Si les pommes de terres sont cuites rajoutez les cheveux d'ange et le thym, rectifiez l'assaisonnement. Laissez cuire encore environ 5min, retirez du feux et servez la soupe chaude. Dégustez aussitôt.